• IVAN LE TERRIBLE

    IVAN LE TERRIBLE

    MISE EN SCÈNE — ARNAUD VIDAL
    THÉÂTRE DU RUGISSANT

    espace saint pierremont
    D 1 octobre
     | 16H00

    1547. Ivan IV Vassiliévitch, dit Ivan le Terrible, est couronné premier Tsar de toutes les Russies. Si le début de son règne est consacré à la modernisation de son pays, l’assassinat de son épouse le fait basculer dans la cruauté et la paranoïa. S’ensuivent des années d’atrocités sans nul autre exemple dans l’histoire : crimes, empoisonnements, violences et guerres contre les prétendus conspirateurs… 1941. Staline, fasciné par ce souverain sanguinaire, commande au célèbre réalisateur Eisenstein, un film visant à réhabiliter ce tyran controversé en un despote éclairé…
    Dans une scénographie qui tient autant du campement d’armée en campagne que de l’imagerie des icônes russes, le Théâtre du Rugissant convie le spectateur à une épopée historique. À travers d’incessants allers et retours entre les XVIe et XXe siècles, cinq comédiens-marionnettistes-chanteurs enchaînent les tableaux. Passant de la folie médiévale à la bêtise totalitaire, les récits se mêlent au rythme d’une musique originale et colorée. Un spectacle rare, dans la grande tradition du théâtre forain, qui pénètre les mécanismes de la propagande moderne et fait résonner un sujet tristement d’actualité : l’art au service du pouvoir ou comment censurer la liberté d’expression.

    THÉÂTRE - MARIONNETTE - MUSIQUE - ART FORAIN

  • L’ABATTAGE RITUEL DE GORGE MASTROMAS

    L’ABATTAGE RITUEL DE GORGE MASTROMAS

    DENNIS KELLY
    MISE EN SCÈNE — ILLIA DELAIGLE
    COMPAGNIE KALISTO

    espace saint pierremont
    J 19 octobre
     | 19H30

    Gorge Mastromas est un enfant gentil, un adolescent sympathique et un jeune homme honnête qui subit plus qu’il ne choisit sa vie. Il a toujours fait ce qui était convenable du point de vue éthique. Mais Gorge a toujours été du côté des perdants. Or, un jour, une chance unique s’offre à lui. Il s’en empare pour enfin faire partie du camp des vainqueurs. Mais à quel prix et jusqu’où ? Envers et contre qui ? Il devient alors un impitoyable menteur qui ne s’embarrasse plus des convenances, s’enrichit sans scrupules, jusqu’à devenir un monstre ignoble qui possède tout. Tout ? Sauf peut-être l’essentiel…
    Dans un huis clos sans coulisses où tout est à vue, comme pour substituer aux apparences trompeuses la réalité « vraie » et sans artifice, la compagnie Kalisto s’empare de cette fable sans concession où se côtoient tableaux musicaux, humour corrosif et vivacité d’esprit. D’une écriture acérée, Dennis Kelly autopsie en profondeur l’égoïsme ultralibéraliste, au travers d’un personnage reflet de tous les abus, et pose la question de la place de la morale dans nos choix de vie. Comment peut-on se construire et trouver sa place dans une société décomplexée où règnent la bêtise, la corruption et le pouvoir ? Et si le responsable n’était pas le système, mais ceux qui le font ?

    THÉÂTRE

  • LES SERPENTS

    LES SERPENTS

    MARIE NDIAYE
    MISE EN SCÈNE — ANNE-MARGRIT LECLERC
    COMPAGNIE DU JARNISY

    M 8 | J 9 | V 10 novembre
     | 20h30

    Une chaude journée de quatorze juillet. Accablante. Des champs de maïs à perte de vue. Au bord, une maison isolée retient deux enfants surveillés par leur père. Leur père. L’absent, le reclus, celui qu’on ne voit jamais, qu’on entend tout au plus ou qu’on croit entendre, tout comme ces cris d’enfants qu’on endimanche. Sur le seuil, trois femmes, reliées et liées à cet homme, se retrouvent et s’affrontent. Il y a Madame Diss, la mère venue réclamer de l’argent à son fils pour échapper à ses créanciers. Les deux autres : Nancy, l’ex belle-fille, mère d’un certain garçon disparu et France, l’actuelle, qui craint de déplaire à son mari. Trois femmes ordinaires qui semblent engluées dans une quête de l’être et du devenir… Trois femmes qui vivent dans l’angoisse de ce qui se cache dans la maison, lieu de perdition et de destruction…
    Au travers de ce conte contemporain écrit dans une langue précise et aiguisée, la compagnie du Jarnisy conclut son exploration des fondements de l’identité féminine et interroge la place de la femme dans la famille, mais aussi sa soumission à l’homme. Une histoire monstrueuse et cynique, entre rêve et réalité, où les personnages persiflent. Un théâtre de la cruauté, entre vaudeville et tragédie, où le rire vient au secours des larmes et où les serpents prennent forme humaine.

    THÉÂTRE

    Création

  • ADIEU MA BIEN-AIMÉE

    ADIEU MA BIEN-AIMÉE

    D’APRÈS TROIS NOUVELLES DE RAYMOND CARVER
    MISE EN SCÈNE — PHILIPPE LARDAUD
    COMPAGNIE FC-FACTEURS COMMUNS

    la menuiserie
    V 24 | S 25 novembre
     | 20h30

    Intimité : à l’occasion d’un voyage d’affaires, un écrivain rend visite, sans raison, à son ex-femme qu’il n’a pas vue depuis quatre ans. Que vont provoquer chez elle ces retrouvailles inattendues ? Tais-toi, je t’en prie : Ralph a tout pour être heureux, mais une chose le tourmente depuis quelques années : sa femme lui a-t-elle été infidèle ? Un soir, il commet l’imprudence de lui poser de nouveau la question... Le Bout des doigts : un homme passionné par la grande Histoire et doué d’une incroyable mémoire, tente de comprendre l’ordinaire histoire de son couple. Il revient sur le soir où il a reçu une bien étrange lettre de sa femme...

    Adieu ma bien-aimée est un triptyque bouleversant sur le couple et la séparation, mais qui toujours parle d’amour. Avec humour et lucidité, Raymond Carver mélange le pathétique et le prosaïque, le dérisoire et le beau et dissèque, sans jugement ni moquerie, le lien qui nous unit à l’autre. Dans un espace épuré entre studio d’enregistrement et coin cuisine, deux acteurs, accompagnés en direct par le jeu sensible d’un musicien, enchaînent les récits comme un tour de chant. Un récital drôle et touchant où des anti-héros ordinaires s’enlisent dans une réalité qui leur échappe. Une radiographie des sentiments qui parle de désespoir sans jamais être désespérée et pose un regard tendre sur le mystère de nos vies. 

    THÉÂTRE MUSICAL

  • LA DANSE DE GENGIS COHN

    LA DANSE DE GENGIS COHN

    D’APRÈS ROMAIN GARY
    MISE EN SCÈNE — MARTINE WANIOWSKI ET BRICE DURAND
    COMPAGNIE DES BESTIOLES

    V 1 décembre
     | 20h30

    Gengis Cohn, alias Moïché Cohn, ancien comique juif, est fusillé par le SS Schatz, suite à une tentative d’évasion d’Auschwitz. Mais chose insolite, son « âme » a survécu et hante depuis plus de vingt-deux ans la conscience de son assassin. Cohn, un parasite psychique qui, par esprit de vengeance, est bien décidé à faire basculer lentement son bourreau dans la folie en le tourmentant quotidiennement. Il apparaît, disparaît, danse dans son subconscient et tente même de le transformer en juif ! Devenu commissaire de police, Schatz est confronté à une série de meurtres mystérieux. Aucun indice à part le fait que toutes les victimes sont des hommes retrouvés avec le pantalon baissé et un sourire d’extase...

    Entre enquête, vaudeville, manipulation et faux- semblants, numéro de cabaret, histoires d’amour et de morts, Romain Gary tente, avec ce roman atypique et provocateur, d’exorciser ses tourments, le souvenir de l’Allemagne et du Génocide. Par couches narratives successives, sans aucune linéarité, il crée, usant des jeux de mots et de la dérision, un univers étrange et poétique. La compagnie des Bestioles s’y engouffre emportant le spectateur dans un tourbillon débridé. Leur danse folle, en marge du monde, interroge l’humanité et les liens tissés entre beauté et horreur. Avec pour seule et unique arme, l’humour ! 

    THÉÂTRE

  • LE GRAND MÉCHANT LOUP

    LE GRAND MÉCHANT LOUP

    ORCHESTRE NATIONAL DE LORRAINE

    M 6 décembre
     | 14H00 + 15H30

    Nous avons tous dans l’oreille l’histoire de Pierre et le loup. Un canard-hautbois, un chat-clarinette, un loup-cor, un oiseau-flûte et bien entendu Pierre, au son des cordes, son grand-père-basson et de fiers chasseurs-timbales... Tels sont les personnages-instruments de ce petit théâtre où, sans en avoir l’air, Prokofiev place sa musique sur le terrain du combat de l’homme et de la bête, entre la nature sauvage et l’animal domestiqué. Capturé d’un coup de lasso, le loup finira au jardin zoologique, exposé comme simple objet de curiosité... Mais en 1936, année de la création de ce « très court » chef-d’œuvre, dans une URSS assommée par Staline et menacée par l’hydre nazie, qui est cette bête qui menace l’enfant, mange le canard, et qui fallait-il mettre en cage ? Légèreté visionnaire ? Peut-être...

    Cependant, en 2013, Nicolas Vanier imagine une autre suite. Sur une musique d’Alexandros Markeas, Le Retour du loup se fait tout en découpes et en surprises ! Du fond de sa cage, l’animal réhabilité supporte mal ses barreaux. L’appel de la forêt est si fort qu’il en devient anorexique ! Et Pierre, en petit garçon toujours épris de liberté, décide de rendre au loup sa dignité et sa grandeur de carnassier... Un concert famille de la Saint-Nicolas, magistralement interprété par l’Orchestre national de Lorraine, accompagné d’une récitante, pour découvrir une œuvre d’aujourd’hui en écho de l’un des très grands modèles de l’illustration musicale pour enfants ! 

    MUSIQUE

  • L’ENFANT PERDU

    L’ENFANT PERDU

    MISE EN SCÈNE — PASCALE TONIAZZO
    COMPAGNIE VIA VERDE

    V 8 décembre
     | 20h30

    De par le monde, l’enfant est choyé, exploité, en danger, éduqué, enrôlé ou sacrifié. Ici ou ailleurs, victime de la manipulation des adultes, de leurs violences physiques et psychologiques. Chaque nouvel acte contre lui nous sidère d’incompréhension et d’impuissance. Comment alors rétablir l’équilibre si souvent détruit ? Comment inventer  un nouveau monde pour changer celui qui fait souffrir ? Comment déceler une issue au désespoir et recouvrer une forme d’insouciance et de joie de vivre ? Comment retrouver l’enfant perdu au détour des chemins ?

    Projet en deux étapes, dont la première a vu naître un spectacle entièrement imaginé et créé par les élèves de l’EREA Hubert Martin de Briey, L’Enfant perdu n’est pas l’histoire d’un personnage. C’est l’évocation d’un territoire, celui de l’enfance. L’enfance curieuse, insouciante, abîmée, déchirée ou encore égarée en chaque homme devenu adulte... Sur un plateau nu, sans un mot, cinq danseurs-marionnettistes, avec délicatesse et pudeur, explorent, interrogent, protègent ou replongent simplement dans l’enfance, pour regoûter à son énergie et revisiter ses mystères. Loin de l’inventaire, portée par un univers sonore onirique, insolite et ludique, la compagnie Via Verde convie le spectateur à une expérience sensible qui touche au plus profond. Les souvenirs affleurent et l’imaginaire est emporté vers un avenir où tout redevient possible... 

    MARIONNETTE - DANSE

    Création

  • ORESTE AIME HERMIONE QUI AIME PYRRHUS QUI AIME ANDROMAQUE QUI AIME HECTOR QUI EST MORT…

    ORESTE AIME HERMIONE QUI AIME PYRRHUS QUI AIME ANDROMAQUE QUI AIME HECTOR QUI EST MORT…

    D’APRÈS "ANDROMAQUE" DE JEAN RACINE
    COLLECTIF LA PALMERA

    espace saint pierremont
    V 15 décembre
     | 20h30

    À l’issue de la guerre de Troie, Andromaque, veuve d’Hector, tué par Achille, est devenue, en même temps que son fils Astyanax, la captive de Pyrrhus, roi d’Épire. Alors qu’il devait épouser Hermione, fille de Mélénas et de la belle Hélène, ce dernier lui donne à choisir : le mariage ou la mort de son fils... Fidélité ou trahison est aussi le dilemme d’Oreste épris d’Hermione. Chargé de récupérer le jeune Astyanax auprès de Pyrrhus, il espère... STOP ! Et si pour résumer, nous disions simplement : Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector qui est mort !

    Le titre est sans équivoque : il ne s’agit pas d’aborder la tragédie de Racine de manière académique, mais au contraire de la faire entendre avec la promesse faite au spectateur qu’il ne sera jamais assommé ni dérouté par la difficulté de la langue. Le Collectif La Palmera relève le défi et propose une adaptation décapante et explosive sans jamais trahir le sens du texte. Deux comédiens, tour à tour commentateurs et parties prenantes du spectacle, endossent l’ensemble des rôles. Entre digressions et alexandrins, dialogue et narration, ils amènent de manière ludique et didactique le spectateur au tréfonds de la tragédie. Une mise en scène et une scénographie ingénieuses, une interprétation exigeante, pour une histoire de passions contrariées et d’honneurs bafoués. Un spectacle joyeux et jubilatoire qui vous fera aimer la tragédie ! 

    THÉÂTRE

  • SOUS LA NEIGE

    SOUS LA NEIGE

    MISE EN SCÈNE — MARTINE WANIOWSKI
    COMPAGNIE DES BESTIOLES

    espace saint pierremont
    M 20 décembre
     | 17H00

    Un paysage de papiers de soie. Blancs, froissés, enchevêtrés. Infiniment légères, les feuilles virevoltent et planent. Un amas de petits papiers, neige, plumes ou nid douillet, qui semble respirer au son du vent et murmurer à l’oreille. Un paysage avec ses creux et ses bosses. Soudain, le sol s’éclaire et ondule. Un pied montre le bout de son doigt. Et un autre encore. Puis une tête, des bras et un corps tout entier qui naît, ouvre les yeux, découvre et apprivoise. Doucement, tout ce qui était endormi s’éveille. C’est un poisson qui déploie
    ses ailes, une mer qui se déchaîne, des lunes, un dragon peut-être... C’est un monde entier qui s’anime, se crée et se métamorphose.

    Avec cette proposition pour le tout jeune public, c’est à un voyage au pays des merveilles que la compagnie des Bestioles convie le spectateur. Sans un mot, portés par un univers sonore sensible et nuancé, deux comédiens-danseurs écrivent une poésie abstraite, ludique et mouvante où la matière vit et vibre au rythme de la lumière et des émotions. Dans un jeu de cache-cache, comme des enfants qui découvrent le monde pour la première fois, ils manipulent, observent, s’étonnent, déchirent et font naître sous nos yeux des formes étranges et aériennes. Une expérience sensorielle intime pour s’accorder une parenthèse suspendue entre rêve et imaginaire. 

    THÉÂTRE - DANSE

  • VIENNE, AU COEUR DE LA MITTELEUROPA

    VIENNE, AU COEUR DE LA MITTELEUROPA

    ORCHESTRE NATIONAL DE LORRAINE

    espace saint pierremont
    M 9 janvier
     | 20h30

    Comment sauvegarder la tradition du concert de Nouvel An sans céder aà la nostalgie du « roi de la valse » ou de la marche de Radetzky ? Parions sur l’intelligence raisonneée et astucieuse de l’Orchestre national de Lorraine, qui saura retenir à coup sûr la curiosité d’un auditoire sans a priori, comme l’attention des mélomanes les plus avertis ! Strauss, Beethoven, Brahms, Dvořák, Offenbach, ... Tous, au-delà de leur génie commun dans le genre « léger », ont connu Vienne, la capitale de la musique et des plaisirs. Tous partagent dans une étonnante proximité d’inspiration le caractère « populaire urbain » des festivités viennoises.

    Rendez-vous est donc pris afin de célébrer la nouvelle année en compagnie de ces grands compositeurs d’Europe Centrale. Du divertissement aristocratique des contredanses que Beethoven compose en 1801, aux saveurs véritablement tziganes des danses « hongroises » de Brahms, en passant par la célébrissime Barcarolle d’Offenbach... , ne doutons pas que l’écoute de ce florilège de musique à la fois dynamique, savante et mélodieuse ne nous inspire une réelle joie de vivre sortant des sentiers battus ! Un concert pour fêter et saluer simplement l’année qui commence dans une ambiance heureuse, caressante et bouillonnante ! 

    MUSIQUE - CONCERT DU NOUVEL AN

  • LORETTA STRONG

    LORETTA STRONG

    COPI
    MISE EN SCÈNE — GAËL LEVEUGLE
    COMPAGNIE ULTIMA NECAT

    la menuiserie
    J 11 | V 12 janvier
     | 20h30

    La cosmonaute, Loretta Strong, est missionnée pour semer de l’or dans l’espace et coloniser l’Univers. Évidemment, rien ne se passe comme prévu : son compagnon de voyage est mort et son vaisseau spatial est en perdition. Loretta Strong, corps perdu dans l’espace, corps communicant, appelle. Elle appelle à l’aide dans ce cauchemar sidéral. Elle appelle Linda, son alter ego, qui lui annonce que la Terre vient d’exploser. Elle appelle dans l’espace vénusien, plutonien. Elle appelle encore et encore... Comment s’en sortir ? Partout, c’est l’apocalypse. Elle doit lutter contre les astres et les envahisseurs, contre l’attaque de son satellite, mais surtout contre celle de son corps...

    À travers cette étrange odyssée intergalactique, avec pour tout costume sa seule nudité, Gaël Leveugle s’empare de ce monologue de l’absurde où la pensée disparaît pour laisser place au langage et à la force des mots. Dans une mise en scène éblouissante, musicale et plastique, il explore les limites – du corps, de la pensée, de l’humanité – et nous donne à entendre, avec justesse, l’univers délirant et jouissif de Copi. Un théâtre performatif et inclassable pour mettre à mal le corps et les diktats imposés par une société standardisée. Une poésie hallucinée, entre science-fiction et esthétique punk, qui invite, non sans humour, à regarder l’étrangeté qui gît en chacun de nous et rappelle, avec tendresse, que la liberté est essentielle dans notre époque et nos vies. 

    THÉÂTRE

  • LA BOUE ORIGINELLE

    LA BOUE ORIGINELLE

    D’APRÈS DES TEXTES D’HENRI ROORDA
    MISE EN SCÈNE — FRANÇOISE KLEIN
    PRODUCTIONS DE L'ENCLUME

    J 11 | V 12 janvier
     | 20h30

    C’est DIEU qui a tout créé ! En six jours ! Le premier, il créa la terre, le jour et la nuit. Le deuxième, le firmament et le ciel. Le troisième jour, après avoir fait émerger les continents, il y installa la nature, les arbres, les fruits. Quatrième et cinquième jours : ce fut le tour des étoiles, des saisons, des poissons, des oiseaux. Au cours du sixième jour, des animaux domestiques, des reptiles, des serpents, mais surtout, ce fut le tour de l’Homme, aboutissement ultime. Pourvu d’une âme, capable de raisonner, de connaître et d’aimer, façonné d’argile et de terre, il est LE chef-d’œuvre ! Il paraîtrait que le septième jour, épuisé, Dieu se reposa. Balivernes ! Il créa la bétonneuse de chantier...

    Françoise Klein et Thierry Mathieu sautent à pieds joints dans le mythe de la création et dans La Boue originelle, texte de 1923, écrit par Henri Roorda. Esprit libre, cet ancêtre de Desproges jetait un regard critique et amusé sur tout : la patrie, le travail, la politique, les cacahuètes ou le système pileux ! Autant de prétextes à l’ironie, la provocation, les calembours et l’absurde. Il ne leur en fallait pas moins pour proposer une performance plastique, décalée et limoneuse. Dans un combat charnel de la femme et de la matière, ils pétrissent, modèlent, animent les mots autant que la terre et égratignent nos certitudes. Un Objet Théâtral Non Identifié pour rappeler, non sans humour, que la spontanéité créatrice de chaque individu est un chemin vers l’anticonformisme et la liberté ! 

    THÉÂTRE

  • BARBE BLEUE

    BARBE BLEUE

    SYLVIE NÈVE
    CONCEPTION — ANNE-MARGRIT LECLERC
    COMPAGNIE DU JARNISY

    V 19 janvier
     | 18H30

    Un homme riche à la barbe bleue terrifie toutes les femmes. On ne sait ce que sont devenues ses conjointes successives. Il souhaite épouser l’une des deux filles d’une voisine. Aucune ne veut le prendre pour mari, mais la cadette finit par accepter. Un jour, Barbe bleue informe sa femme qu’il part en voyage pour affaires. Il lui laisse les clefs de la grande demeure, mais lui défend formellement l’entrée d’un petit cabinet. Rongée par la curiosité, elle ouvre la pièce interdite bravant l’autorité patriarcale...

    Suivant le principe qu’elle a imaginé, celui du « poème expansé », Sylvie Nève plonge dans les entrailles du conte de Perrault et en livre, pas à pas, ligne après ligne, une réécriture libre. Sans chercher à embellir le récit, elle l’enchante, le commente sans jamais tomber dans le didactisme et en dévoile la musicalité grâce à l’utilisation du vers. Fidèle à son goût pour la poésie d’aujourd’hui, la compagnie du Jarnisy signe un spectacle léger et intimiste. Une comédienne et deux accordéonistes racontent cette histoire cruelle et sanglante à trois voix. Paroles et musiques circulent, s’appellent et se répondent. Entre séduction, répétition, perversion, crimes et mariage arrangé, cette fable prouve que la curiosité n’est pas qu’un vilain défaut. Elle peut parfois être la voie vers la connaissance et l’émancipation autant qu’une barrière à la soumission. 

    THÉÂTRE MUSICAL

  • COMME UNE CHANSON POPULAIRE

    COMME UNE CHANSON POPULAIRE

    TEXTE ET MISE EN SCÈNE — BERTRAND SINAPI
    COMPAGNIE PARDÈS RIMONIM

    espace saint pierremont
    V 26 | S 27 janvier
     | 20h30

    Elle est dépressive depuis longtemps, reste recluse dans son appartement et y organise toute sa vie. Lui, c’est tout le contraire. Il sort chaque matin rejoindre le monde, est amoureux et s’apprête à demander la main de sa compagne. Elle et Lui sont voisins, leurs appartements ont un mur en commun, mais ils ne se connaissent pas. Elle et Lui habitent là, chacun d’un côté, sans avoir conscience de l’autre et pourtant si proches. Deux solitudes écrasées par le quotidien. Deux anonymes dans la foule. Face à eux sur le plateau, un musicien et son acolyte, électrons libres, seulement visibles des spectateurs, provoquent l’inévitable rencontre amoureuse…
    Pour sa prochaine création, la compagnie Pardès rimonim explore et détourne une forme théâtrale connue de tous : la comédie musicale. Avec un titre qui donne le ton, clin d’oeil à Claude François, cette variation exploite, non sans humour et ironie, le vaste répertoire de la chanson française. D’Adamo à Brel, en passant par Brigitte Fontaine ou Barbara, les chansons déroulent l’histoire de ces deux personnages. Véritable continuité de la parole, elles permettent de prolonger, contredire, nuancer l’action et les dialogues. Agissant sur la narration, elles font rebondir la mise en scène. Des airs appartenant à la mémoire collective, devenus familiers, révélateurs de souvenirs et d’émotions. Un récital joyeux qui déjoue le réalisme et renoue avec le conte de fées !

    THÉÂTRE MUSICAL

    Création

  • TENTATIVE DE DISPARITION

    TENTATIVE DE DISPARITION

    TEXTE ET MISE EN SCÈNE — CHARLOTTE LAGRANGE
    COMPAGNIE LA CHAIR DU MONDE

    J 1 février
     | 18H30

    Une femme s’adresse au public. Elle le regarde, lui parle. Il la regarde. Elle n’est pas à côté de lui, mais face à lui, et pourtant, il détourne le regard. Il regarde de côté pour ne plus soutenir son regard provocant, insistant, en demande. Cette femme demande de l’amour, elle demande de l’attention et cela est insupportable. Elle parle, parle, parle. Elle s’adresse à des êtres absents, évaporés. Elle dialogue avec des voix intérieures et construit peu à peu une histoire. Une histoire d’amour ou d’impossible rencontre. Une histoire d’abandon de soi, de lâcher-prise, de disparition...

    Scrutant la manière dont l’idéologie contemporaine s’infiltre jusque dans l’intime, Charlotte Lagrange bâtit une exploration sensible et poétique du jeu social. Partant du regard que le public porte sur la comédienne, elle ausculte notre besoin inéluctable de l’autre pour exister et, dans le même temps, notre intense désir de disparition pour échapper aux conventions. Quitter et abandonner ce que nous sommes, ne serait-ce qu’un instant. S’oublier. Laisser tomber les masques, ne plus être jugé, visible, pour construire sa propre identité et non celle voulue par la société. Brouillant la frontière entre réalité et fiction, deux interprètes et un musicien tissent un univers étrange et onirique, où les absents sont incarnés et l’invisible dévoilé. Tentative de disparition ou besoin d’apparaître les uns aux autres ? 

    THÉÂTRE

    Création

  • JOB

    JOB

    CHORÉGRAPHIE — LUCIE AUGEAI ET DAVID GERNEZ
    COMPAGNIE ADÉQUATE - LUCIE AUGEAI ET DAVID GERNEZ

    V 9 février
     | 20h30

    Job : locution anglo-saxonne désignant une activité rémunérée, un travail. Car c’est bien de cela dont il est question ici ! Le travail derrière lequel le monde court. Base de l’économie d’un pays et objet d’échanges. Source de revenus et d’insertion sociale qui peut annihiler et asservir ou, au contraire, mener à l’épanouissement et à la réalisation de soi. Le travail. Le travail partout, tout le temps ! Mais qu’en est-il de la passion dans tout ça ? Que devient notre rapport au travail quand on exerce sa passion comme métier ?

    La compagnie Adéquate répond par l’exemple d’un métier-passion qu’elle connaît bien, celui de danseur. Avec intelligence et autodérision, sept interprètes décortiquent, observent et dissèquent, sous toutes les coutures, ce job pas tout à fait comme les autres. Ils enchaînent les saynètes dans un ballet fluide et rythmé. Ils dévoilent ainsi, avec exubérance et humour, tous les secrets, les névroses et les codes liés à leur métier. Entre les auditions, les entraînements quotidiens, la concurrence, les essayages incessants, le trac, le vieillissement, ils virevoltent, s’amusent et se moquent d’eux-mêmes. Une allégorie enjouée et jubilatoire, qui prouve qu’entre aliénations et fantasmes, le danseur n’est peut-être finalement qu’un animal social comme les autres ! 

    DANSE

  • JE VIENS D’UN PAYS DE NEIGE

    JE VIENS D’UN PAYS DE NEIGE

    ANNE JOLIVET
    MISE EN SCÈNE — CAROLE FONTAINE
    COMPAGNIE SWING

    la menuiserie
    M 13 | M 14 février
     | 20h30

    Depuis vingt-huit ans, Maria attend le retour de son amie d’enfance. Elles se sont immédiatement aimées et confié leurs secrets. Mais leurs chemins se sont séparés. Ce Noël de 1970, Maria aperçoit une lumière à la fenêtre de l’appartement où vivait Anna autrefois. Serait-elle de retour ? Les souvenirs affleurent et s’instaure alors une conversation. Maria parle de tout à son amie : son trajet de femme, ses joies, ses désespoirs, son attente depuis ce jour où elle a disparu. Ce jour de 1942...

    À travers ce récit poignant, Anne Jolivet raconte, avec pudeur et simplicité, une amitié tragiquement interrompue par un des drames de la grande Histoire. Une histoire d’éclats de rire et de désespoir, de temps qui passe et d’absence. Dans une mise en scène épurée, entre musique et jeu, la compagnie Swing plonge le spectateur dans l’intimité tourmentée de Maria, entre rêveries et souvenirs tenaces. Le monologue est bouleversant. Le moindre mot frappe au cœur et chaque phrase tombe comme une réplique à la haine. Une confession tout en délicatesse et humour, qui pousse un cri face à la solitude, l’attente et l’horreur, comme un miroir tendu à notre humaine condition. Une ode sensible à ceux qui ne revinrent jamais... 

    THÉÂTRE MUSICAL

  • JE EST UNE AUTRE

    JE EST UNE AUTRE

    EMANUEL BÉMER

    espace saint pierremont
    J 22 | V 23 février
     | 20h30

    C’est un fait, la société contemporaine est régie par la différenciation des genres. Le masculin en est un, le féminin un autre. Le premier considéré comme le sexe fort, le second comme le faible. Partout, des distinctions demeurent. L’homme peut faire ceci, la femme pas. L’homme au travail, la femme au foyer. Même grammaticalement le masculin l’emporte sur le féminin ! Comment un monde dit « moderne » peut-il accepter de tels poncifs ? L’évolution de la place de la femme depuis deux générations_ droit de vote, égalité des sexes, parité, équité des salaires_ et avec elle, la remise en cause progressive du modèle patriarcal, modifie pourtant en profondeur le rôle de l’homme, faisant voler en éclats ses repères...

    Avec son nouveau tour de chant, Emanuel Bémer s’attaque à la question de la condition féminine. Sans prétention, ni parti pris, avec un humour grinçant et un joyeux cynisme, il s’interroge humblement sur les rapports femmes-hommes. Quinze compositions originales portées par cinq musiciens – quatre hommes et une femme ! – pour dénoncer toutes les oppressions psychiques et physiques dont sont victimes les femmes, et par contrecoup les hommes. Un spectacle participatif et transgénérationnel pour en finir avec l’idée de genre, clivante et dogmatique, et se demander si après tout, l’homme ne serait pas une femme comme une autre ! 

    CHANSON - THÉÂTRE

    Création

  • TIMON D’ATHÈNES

    TIMON D’ATHÈNES

    D’APRÈS SHAKESPEARE ET LA BOÉTIE, MARX, MACHIAVEL...
    MISE EN SCÈNE — CYRIL COTINAUT ET SÉBASTIEN DAVIS
    TAC. THÉÂTRE

    espace saint pierremont
    V 23 | S 24 mars
     | 20h30

    Timon, riche seigneur athénien, a énormément d’amis. Et pour cause ! Plutôt que de garder sa fortune, il la dépense pour améliorer la vie des autres. Festins, cadeaux, largesses, il distribue sans compter, malgré les recommandations du philosophe Cynique Apemantus. Quand arrive l’inévitable, Timon, ruiné et accablé de dettes, se tourne vers ses « amis ». À sa grande surprise, tous refusent de lui venir en aide. Se sentant trahi, il s’exile en hurlant à la face du monde sa rage et sa haine de l’humanité. Timon le philanthrope devient alors Timon le misanthrope...

    Dans une adaptation profonde et percutante de la pièce de Shakespeare enrichie des écrits de La Boétie, Marx et Machiavel, le TAC. Théâtre plonge au cœur d’une entreprise politique et citoyenne. Mêlant la fable à l’actualité, il questionne la place de l’individu dans un système en crise, régi par l’argent et la consommation. L’argent, tout à la fois facteur d’aliénation et de socialisation ; poison d’une société égoïste, en proie à une violence extrême et à la montée du nationalisme. L’argent qui gangrène le monde, pervertit les âmes et avilit. Dans une grande proximité avec le public, six comédiens survoltés dépoussièrent le grand Will, sa poésie, et dressent un portrait joyeux, piquant et terriblement actuel du genre humain. Un théâtre de réflexion qui montre que l’argent ne devrait pas être le seul but de l’Homme, contrairement à la liberté ! 

    THÉÂTRE

  • UNE FORÊT EN BOIS… CONSTRUIRE

    UNE FORÊT EN BOIS… CONSTRUIRE

    MISE EN SCÈNE — ESTELLE CHARLES
    COMPAGNIE LA MÂCHOIRE 36

    M 28 mars
     | 15H00

    Ça et là, un fatras d’objets en bois et des morceaux de forêt. Au milieu, un homme, Sylvestre. C’est un constructeur. Un dompteur de bois, de mots, de figures et de matière. Sylvestre est un candide qui se pose beaucoup de questions : c’est quoi une forêt au juste ? Une cabane ? Un cerf ? Un « il était une fois » ? Une planche ? Une porte ouverte ? C’est aussi un inventeur. Cette forêt, c’est la sienne. Il la construit à son image, de bric et de broc, fragile et en équilibre. Il expérimente, tente des rapprochements, des assemblages, des collages. Petit à petit, l’histoire se déroule. Une à une les pièces de ce puzzle forestier s’assemblent pour révéler un univers surréaliste de poésie, de beauté et d’étrangeté...

    La forêt a toujours fasciné. Ludique, initiatique ou maléfique, elle demeure un territoire à part, un entre-deux mondes, un lieu de transition tout à la fois source d’angoisse et de sérénité, de désir et de répulsion. Dans une scénographie à multiples facettes, à travers des dispositifs plastiques et mécaniques, la compagnie La Mâchoire 36 explore à nouveau cette thématique et crée sous nos yeux un espace où la matière brute et les images font résonner notre imaginaire. En six tableaux bricolés, sans paroles, elle rend hommage à la forêt, celle que l’on arpente, celle que l’on observe, celle que l’on fabrique. Un moment de rêverie à déguster avec les yeux pour retrouver la fraîcheur et la naïveté de l’enfance... 

    THÉÂTRE D’OBJETS ET DE BRICOLAGES PLASTIQUES

  • SANACORE

    SANACORE

    espace saint pierremont
    V 6 avril
     | 20h30

    L’Italie, l’Italie, l’Italie... Sa lumière, sa beauté. L’Italie. Ses paysages, sa cuisine ensoleillée, son art de vivre. L’Italie, histoire séculaire inouïe. Les Pouilles, la Sicile, la Calabre, le Latium... Terres de refuge et de mixité. L’Italie, riche d’un patrimoine musical d’exception ! Ballate, stornelli, cantastorie, lamenti, ... Les chants sont sacrés, profanes ou populaires, de travail, d’amour ou de migration. Un répertoire extrêmement varié, reflet d’un pays aux multiples traditions et dialectes, émaillé des peuples qui n’ont cessé de le traverser...

    Sur scène, elles sont quatre, toutes issues d’univers musicaux différents. Ensemble, elles ont créé Sanacore qui mêle, dans une alliance insolite, ces chants traditionnels arrangés à leurs propres compositions. Tantôt planantes, lyriques ou dissonantes, leurs voix, a cappella, passant du soprano à l’alto, se frottent et s’affrontent, s’étirent et s’empilent dans des polyphonies actuelles et pleines d’inventivité. Avec poésie et humour, entre tensions et vibrations, délicatesse et générosité, elles racontent des histoires transmises de génération en génération. Celles du peuple et de la vie. Des histoires faites de rires, de passions, de résistances et de grandeurs anonymes. Un concert émouvant et intense qui provoque ou caresse l’oreille, mais qui, surtout, soigne les cœurs. 

    MUSIQUE DU MONDE

  • UNE COMMUNE

    UNE COMMUNE

    GUILLAUME CAYET
    MISE EN SCÈNE — JULES AUDRY
    COMPAGNIE FUTURE NOIR

    espace saint pierremont
    J 12 avril
     | 20h30

    1990. Un village a vu sa mine fermer. Ce village est lorrain. Il se vide peu à peu. 2016. Alors qu’il ne reste plus qu’une vingtaine de familles, l’ancien propriétaire du gisement revient pour annoncer la promesse d’un changement et la relance. Appuyé par les élus locaux, il s’apprête à inaugurer un puit de forage non conventionnel pour extraire l’or lorrain, le gaz de houille, source de revenus considérables, mais dangereux pour l’environnement. Les habitants s’organisent alors pour contrer ce projet et reprendre possession de leur droit le plus fondamental : celui à la terre. De l’union de leurs forces naît l’extraordinaire...

    Guillaume Cayet, jeune auteur vosgien, tisse ici une épopée rurale contemporaine pour mettre en lumière cette France dite « invisible ». Celle d’hommes et de femmes, paysans et ouvriers, jeunes et anciens, ceux que l’on n’écoute pas et qui, malgré tout, chaque jour, se battent pour leur idéal. La pièce appelle une mise en scène de l’instant. Les situations s’enchaînent et se chevauchent. Soutenu par la musique et le chant, la compagnie Future Noir dresse là un portrait tout en lyrisme de cette France du réel. Un théâtre poétique, politique et documentaire qui parle du peuple, de ses rêves, de ses désillusions et de ses luttes. Une histoire commune à des milliers d’individus qui aspirent à retrouver le sens du commun et à inventer d’autres manières d’habiter le monde.. 

    THÉÂTRE

    Création

  • DU SANG AUX LÈVRES

    DU SANG AUX LÈVRES

    RIAD GAHMI
    MISE EN SCÈNE — MATHIAS MORITZ
    APRÈS "CORIOLAN" DE WILLIAM SHAKESPEARE
    TRILOGIE DE L’ÉTAT URGENT / PREMIÈRE PIÈCE
    COMPAGNIE DINOPONERA — HOWL FACTORY

    espace saint pierremont
    J 19 | V 20 avril
     | 20h30

    Au départ, il y a Coriolan, figure shakespearienne tour à tour haïe et adorée par la foule. Un grand chef de guerre qui ne va rien devenir parce qu’il ne sait jouer, ni avec les circonstances, ni avec les hommes, ni la comédie. Incapable de convertir son triomphe en suprématie politique, ce « héros » pétri d’humanité de bourreau devient victime. Autre temps, autre époque. Une capitale occidentale. Un type normal, comme nous. La différence : il est encagoulé et égorge des gens. Il prend son rôle vraiment à cœur, très très à cœur...

    Revisitant la pièce la plus politique de Shakespeare, Riad Gahmi dissèque un phénomène tristement d’actualité, celui du terrorisme et de la violence quotidienne qui, dans le monde entier, effraie, mais surtout fascine. Une violence relayée et fantasmée par les médias qui élèvent au rang de « héros », des hommes et des femmes qui, au nom d’un dieu, remettent en cause nos libertés et malmènent notre époque. Des « Coriolan », dressés pour le combat, qui se retournent contre leur patrie. La compagnie Dinoponera dessine les contours d’une société qui, par sa surenchère médiatique, politique et sécuritaire, participe à l’émergence de ces démons. Un théâtre furieux pour libérer l’imaginaire autant que la raison civique. 

    THÉÂTRE

    Création

  • I KISS YOU OU L’HÉTÉROGLOSSIE DU BILINGUISME

    I KISS YOU OU L’HÉTÉROGLOSSIE DU BILINGUISME

    DE ET AVEC CATRIONA MORRISON
    MISE EN SCÈNE — LAURENT CROVELLA
    COMPAGNIE VERTICALE

    la menuiserie
    V 18 mai
     | 20h30

    « Bonjour euh désolée c’est un peu euh pardon. (...) Um hi sorry sorry about the um... (...) Ben c’est que je, Alors voilà je suis, voilà je suis bi. Je suis bilingue. Biculturelle. C’est un peu comme une maladie chronique en fait une maladie assez courante peu reconnue quoique environ cinquante pour cent de la population mondiale en est atteint (...) ». Kerry Morris est britannique, d’origine écossaise et vit en France. Son désir d’épouser la culture de son pays d’adoption fait naître en elle une peur irraisonnée de devoir lâcher ses origines, ses repères, sa langue maternelle. Elle craint de devenir quelqu’un d’autre...

    À travers ce monologue, Catriona Morrison aborde de façon sensible et délicate les questions du multiculturalisme et du déracinement. Comme beaucoup d’autres, elle est entre un ici et un ailleurs, un pays et un autre, et tout son être est tiraillé entre deux univers. Elle parle de l’intraduisible, de cet espace flou que seuls peuvent percevoir ceux qui pratiquent plusieurs langues. Nous amusons-nous ou frémissons-nous des mêmes choses selon que les mots qui nous viennent aux lèvres sont en anglais ou en français ? Loin de la revendication ou de la plainte, elle dévoile les fragilités, richesses, absurdités et quiproquos linguistiques et culturels qui font partie de la vie quotidienne des exilés. Une confession intime et personnelle, pleine d’humour et d’autodérision, pour dire la complexité et l’écartèlement liés au bilinguisme... 

    THÉÂTRE

    Création

  • RENDEZ-VOUS CONTES!

    RENDEZ-VOUS CONTES!

    COMPAGNIE LES ORTIES

    V 1 | V 15 juin
     | 18H30

    Un ami m’a raconté une histoire qu’il tenait lui-même d’une autre personne. À mon tour, je vais vous la conter... Un soir que Nasr Eddin revient d’une journée de travail aux champs, il entend chanter, signe d’une fête. La tradition veut que tout le monde puisse y participer. Il pousse donc la porte de la maison. Mais ses vêtements sont tellement sales qu’on le chasse sans ménagement. Furieux, il court mettre son plus beau manteau avant de retourner à la fête. Cette fois, il est accueilli chaleureusement. Nasr Eddin se dirige vers le buffet, prend du couscous, de la sauce, du vin et les étale sur son manteau en disant « Mange, bois mon manteau ! ». Son voisin tout surpris lui demande s’il devient fou. Nasr Eddin répond : « Pas du tout. Moi je ne suis pas invité. C’est mon manteau qui l’est ! »

    D’une grande modernité, les contes arabes issus de la tradition orale cachent, derrière l’humour et l’espièglerie, une sagesse aussi populaire que profonde. Tantôt cruels, lucides ou cyniques, ils dénoncent les défauts de l’être humain, comme un reflet de nos grandeurs et de nos bassesses. Alternant compositions originales inspirées des vers d’Omar Khayyâm et contes musicalisés des périples de Nasr Eddin Hodja et de Mna Maadi, la compagnie Les Orties invite, petits et grands, à un voyage intemporel et impertinent dans des contrées lointaines. Une excursion humaniste, au-delà des siècles, pour dire des vérités simples et lumineuses et libérer nos existences de tous les faux-semblants. 

    CONTE MUSICAL

    Création

saison 

2017 | 2018

 mancieulles

ESPACE saint pierremont ı la menuiserie

éditorial

Le TIL-Théâtre Ici&Là est un lieu vivant, coeur battant d’une cité minière, acteur d’une commune nouvelle, Val de Briey, elle-même partie prenante d’une nouvelle intercommunalité, Orne Lorraine Confluences. Notre territoire d’implantation est grand maintenant, constitué d’une multitude de villages, de hameaux, et de sites atypiques parfois surprenants, sinon étonnants. Nous le partageons avec nos voisins. Reliés, entre autres, par l’intérêt commun qui nous anime de défendre le spectacle vivant d’aujourd’hui, nous avons souhaité, Anne-Margrit Leclerc (directrice artistique de la compagnie du Jarnisy, Théâtre-Maison d’Elsa à Jarny), Philippe Cumer (directeur
du Centre Culturel Pablo Picasso à Homécourt) et moi-même, allier nos engagements à notre attrait amoureux pour ce territoire, y faire circuler davantage encore cette saison, paroles, gestes, textes, images et artistes de la scène contemporaine. Nous avons donc imaginé et organisé des rendez-vous qui iront encore plus à la rencontre de la population locale, qui n’y viendrait pas si nous l’attendions.
Il y a sur ce territoire un imaginaire et une vie souterraine d’une grande vitalité, le tout reposant sur des gens à l’énergie souvent discrète, parfois passionnée ! Il s’en dégage pour moi un état d’esprit à part. Non exclusif.
Non uniforme. C’est cet état d’esprit qui guide mes choix de programmation. Encore une fois, j’ai souhaité que cette saison représente au mieux la pluralité de la création artistique. L’éclectisme est un choix rigoureux
et premier, dont le dessein est de toucher les gens dans leur diversité de penser, de s’émouvoir, de vivre ! J’aime les choses que l’on peut goûter, les choses que l’on peut sentir en direct, sentir le mouvement des esprits,
les fantômes d’une salle par exemple. Un théâtre intime, une tragédie universelle, une danse, un chant ne me touchent jamais autant que lorsqu’ils font écho au lieu qui les reçoit. Et réciproquement. Au moment où j’écris
ces lignes, Andromaque et Timon hantent déjà l’Espace Saint-Pierremont, la Menuiserie attend Loretta Strong, la Cité Radieuse espère Barbe Bleue, les grands salons de l’hôtel de ville de Briey appellent le loup de Prokofiev.
Et les écoles ne s’imaginent pas encore recevoir la visite de quelques sages conteurs arabes du Moyen Âge…
Au terme de cette cinquième saison, espérons que chaque spectacle aura semé dans nos mémoires de quoi accroître notre force, celle d’affirmer ici, ensemble, sur ce territoire, un théâtre généreux, pluriel et amoureux de la pensée !
Très belle saison à tous…

LOÏC NOWAK