• LE GRAND MÉCHANT LOUP

    LE GRAND MÉCHANT LOUP

    ORCHESTRE NATIONAL DE LORRAINE

    M 6 décembre
     | 14H00 + 15H30

    Nous avons tous dans l’oreille l’histoire de Pierre et le loup. Un canard-hautbois, un chat-clarinette, un loup-cor, un oiseau-flûte et bien entendu Pierre, au son des cordes, son grand-père-basson et de fiers chasseurs-timbales... Tels sont les personnages-instruments de ce petit théâtre où, sans en avoir l’air, Prokofiev place sa musique sur le terrain du combat de l’homme et de la bête, entre la nature sauvage et l’animal domestiqué. Capturé d’un coup de lasso, le loup finira au jardin zoologique, exposé comme simple objet de curiosité... Mais en 1936, année de la création de ce « très court » chef-d’œuvre, dans une URSS assommée par Staline et menacée par l’hydre nazie, qui est cette bête qui menace l’enfant, mange le canard, et qui fallait-il mettre en cage ? Légèreté visionnaire ? Peut-être...

    Cependant, en 2013, Nicolas Vanier imagine une autre suite. Sur une musique d’Alexandros Markeas, Le Retour du loup se fait tout en découpes et en surprises ! Du fond de sa cage, l’animal réhabilité supporte mal ses barreaux. L’appel de la forêt est si fort qu’il en devient anorexique ! Et Pierre, en petit garçon toujours épris de liberté, décide de rendre au loup sa dignité et sa grandeur de carnassier... Un concert famille de la Saint-Nicolas, magistralement interprété par l’Orchestre national de Lorraine, accompagné d’une récitante, pour découvrir une œuvre d’aujourd’hui en écho de l’un des très grands modèles de l’illustration musicale pour enfants ! 

    MUSIQUE

  • SOUS LA NEIGE

    SOUS LA NEIGE

    MISE EN SCÈNE — MARTINE WANIOWSKI
    COMPAGNIE DES BESTIOLES

    espace saint pierremont
    M 19 | J 21 | V 22 décembre
     | 9h45 + 14h00

    Un paysage de papiers de soie. Blancs, froissés, enchevêtrés. Infiniment légères, les feuilles virevoltent et planent. Un amas de petits papiers, neige, plumes ou nid douillet, qui semble respirer au son du vent et murmurer à l’oreille. Un paysage avec ses creux et ses bosses. Soudain, le sol s’éclaire et ondule. Un pied montre le bout de son doigt. Et un autre encore. Puis une tête, des bras et un corps tout entier qui naît, ouvre les yeux, découvre et apprivoise. Doucement, tout ce qui était endormi s’éveille. C’est un poisson qui déploie
    ses ailes, une mer qui se déchaîne, des lunes, un dragon peut-être... C’est un monde entier qui s’anime, se crée et se métamorphose.

    Avec cette proposition pour le tout jeune public, c’est à un voyage au pays des merveilles que la compagnie des Bestioles convie le spectateur. Sans un mot, portés par un univers sonore sensible et nuancé, deux comédiens-danseurs écrivent une poésie abstraite, ludique et mouvante où la matière vit et vibre au rythme de la lumière et des émotions. Dans un jeu de cache-cache, comme des enfants qui découvrent le monde pour la première fois, ils manipulent, observent, s’étonnent, déchirent et font naître sous nos yeux des formes étranges et aériennes. Une expérience sensorielle intime pour s’accorder une parenthèse suspendue entre rêve et imaginaire. 

    THÉÂTRE - DANSE

  • UNE FORÊT EN BOIS… CONSTRUIRE

    UNE FORÊT EN BOIS… CONSTRUIRE

    MISE EN SCÈNE — ESTELLE CHARLES
    COMPAGNIE LA MÂCHOIRE 36

    M 27 mars
     | 9H30 + 14H00

    Ça et là, un fatras d’objets en bois et des morceaux de forêt. Au milieu, un homme, Sylvestre. C’est un constructeur. Un dompteur de bois, de mots, de figures et de matière. Sylvestre est un candide qui se pose beaucoup de questions : c’est quoi une forêt au juste ? Une cabane ? Un cerf ? Un « il était une fois » ? Une planche ? Une porte ouverte ? C’est aussi un inventeur. Cette forêt, c’est la sienne. Il la construit à son image, de bric et de broc, fragile et en équilibre. Il expérimente, tente des rapprochements, des assemblages, des collages. Petit à petit, l’histoire se déroule. Une à une les pièces de ce puzzle forestier s’assemblent pour révéler un univers surréaliste de poésie, de beauté et d’étrangeté...

    La forêt a toujours fasciné. Ludique, initiatique ou maléfique, elle demeure un territoire à part, un entre-deux mondes, un lieu de transition tout à la fois source d’angoisse et de sérénité, de désir et de répulsion. Dans une scénographie à multiples facettes, à travers des dispositifs plastiques et mécaniques, la compagnie La Mâchoire 36 explore à nouveau cette thématique et crée sous nos yeux un espace où la matière brute et les images font résonner notre imaginaire. En six tableaux bricolés, sans paroles, elle rend hommage à la forêt, celle que l’on arpente, celle que l’on observe, celle que l’on fabrique. Un moment de rêverie à déguster avec les yeux pour retrouver la fraîcheur et la naïveté de l’enfance... 

    THÉÂTRE D’OBJETS ET DE BRICOLAGES PLASTIQUES

  • RENDEZ-VOUS CONTES!

    RENDEZ-VOUS CONTES!

    COMPAGNIE LES ORTIES

    L 12 | M 13 | J 15 | V 16 mars
     | 9h45 + 14h00

    Un ami m’a raconté une histoire qu’il tenait lui-même d’une autre personne. À mon tour, je vais vous la conter... Un soir que Nasr Eddin revient d’une journée de travail aux champs, il entend chanter, signe d’une fête. La tradition veut que tout le monde puisse y participer. Il pousse donc la porte de la maison. Mais ses vêtements sont tellement sales qu’on le chasse sans ménagement. Furieux, il court mettre son plus beau manteau avant de retourner à la fête. Cette fois, il est accueilli chaleureusement. Nasr Eddin se dirige vers le buffet, prend du couscous, de la sauce, du vin et les étale sur son manteau en disant « Mange, bois mon manteau ! ». Son voisin tout surpris lui demande s’il devient fou. Nasr Eddin répond : « Pas du tout. Moi je ne suis pas invité. C’est mon manteau qui l’est ! »

    D’une grande modernité, les contes arabes issus de la tradition orale cachent, derrière l’humour et l’espièglerie, une sagesse aussi populaire que profonde. Tantôt cruels, lucides ou cyniques, ils dénoncent les défauts de l’être humain, comme un reflet de nos grandeurs et de nos bassesses. Alternant compositions originales inspirées des vers d’Omar Khayyâm et contes musicalisés des périples de Nasr Eddin Hodja et de Mna Maadi, la compagnie Les Orties invite, petits et grands, à un voyage intemporel et impertinent dans des contrées lointaines. Une excursion humaniste, au-delà des siècles, pour dire des vérités simples et lumineuses et libérer nos existences de tous les faux-semblants. 

    CONTE MUSICAL

    Création

saison 

2017 | 2018

 mancieulles

ESPACE saint pierremont ı la menuiserie

éditorial

Le TIL-Théâtre Ici&Là est un lieu vivant, coeur battant d’une cité minière, acteur d’une commune nouvelle, Val de Briey, elle-même partie prenante d’une nouvelle intercommunalité, Orne Lorraine Confluences. Notre territoire d’implantation est grand maintenant, constitué d’une multitude de villages, de hameaux, et de sites atypiques parfois surprenants, sinon étonnants. Nous le partageons avec nos voisins. Reliés, entre autres, par l’intérêt commun qui nous anime de défendre le spectacle vivant d’aujourd’hui, nous avons souhaité, Anne-Margrit Leclerc (directrice artistique de la compagnie du Jarnisy, Théâtre-Maison d’Elsa à Jarny), Philippe Cumer (directeur
du Centre Culturel Pablo Picasso à Homécourt) et moi-même, allier nos engagements à notre attrait amoureux pour ce territoire, y faire circuler davantage encore cette saison, paroles, gestes, textes, images et artistes de la scène contemporaine. Nous avons donc imaginé et organisé des rendez-vous qui iront encore plus à la rencontre de la population locale, qui n’y viendrait pas si nous l’attendions.
Il y a sur ce territoire un imaginaire et une vie souterraine d’une grande vitalité, le tout reposant sur des gens à l’énergie souvent discrète, parfois passionnée ! Il s’en dégage pour moi un état d’esprit à part. Non exclusif.
Non uniforme. C’est cet état d’esprit qui guide mes choix de programmation. Encore une fois, j’ai souhaité que cette saison représente au mieux la pluralité de la création artistique. L’éclectisme est un choix rigoureux
et premier, dont le dessein est de toucher les gens dans leur diversité de penser, de s’émouvoir, de vivre ! J’aime les choses que l’on peut goûter, les choses que l’on peut sentir en direct, sentir le mouvement des esprits,
les fantômes d’une salle par exemple. Un théâtre intime, une tragédie universelle, une danse, un chant ne me touchent jamais autant que lorsqu’ils font écho au lieu qui les reçoit. Et réciproquement. Au moment où j’écris
ces lignes, Andromaque et Timon hantent déjà l’Espace Saint-Pierremont, la Menuiserie attend Loretta Strong, la Cité Radieuse espère Barbe Bleue, les grands salons de l’hôtel de ville de Briey appellent le loup de Prokofiev.
Et les écoles ne s’imaginent pas encore recevoir la visite de quelques sages conteurs arabes du Moyen Âge…
Au terme de cette cinquième saison, espérons que chaque spectacle aura semé dans nos mémoires de quoi accroître notre force, celle d’affirmer ici, ensemble, sur ce territoire, un théâtre généreux, pluriel et amoureux de la pensée !
Très belle saison à tous…

LOÏC NOWAK